L'Odyssée de la parentalité: « Attention ! Tu vas te faire mal !!! »



Jeune maman, je ne sais pas combien de fois j’ai prononcé cette phrase à ma fille ainée! Les enfants nous sont tellement précieux. Nous les aimons et nous nous sentons responsables d’eux, dès leur conception, tout au long de leur développement et encore même alors qu’ils ont quitté le foyer.

Nous nous sentons garants de leur bonheur, de leur épanouissement et de leur réussite. Nous aimerions les préserver des dangers, des difficultés, des peines, des échecs, des obstacles afin que leur vie soit un fleuve paisible et heureux …

« J’ai voulu tout faire pour mes enfants : éliminer chaque obstacle de leur chemin, mener toutes les guerres et prendre tous les coups. » écrit l’auteur John O’Farell

Est-ce possible ?

Est-ce souhaitable ?

Nous connaissons intuitivement les réponses à ces questions...

La vie n’est pas « un long fleuve tranquille » et elle nous invite à des expériences parfois agréables et parfois désagréables. Ces expériences s’avéreront, dans le temps, souvent propices à notre croissance, même si cela est difficile à admettre quand nous sommes en train de traverser l’inconfort, le mal-être, la douleur de certaines situations. Après coup, cependant, nous pouvons percevoir que cette situation nous a permis de développer des ressources, de faire des rencontres, des découvertes et/ ou de nous dépasser.

Pour notre enfant, c’est pareil même si nous ne voyons pas cela ainsi sur le moment...Les épreuves (ou les obstacles rencontrés) nous paraissent douloureuses ou/et potentiellement douloureuses

et nous ne supportons pas l’idée que notre enfant puisse souffrir.

Nous ressentons de la culpabilité comme si nous étions à l’origine de cette souffrance ou dépositaires du bonheur de l’enfant. C’est faux, il y a bien des choses que nous ne maitrisons pas (et c’est très bien ainsi...car quelle responsabilité sinon!).

En préservant l’enfant des difficultés de la vie...à quelles difficultés l’exposons-nous ?

Un enfant qui n’expérimente pas et ne se confronte pas à la difficulté par lui-même peinera de découvrir ses ressources personnelles et il peut grandir avec l’impression qu’il ne peut se débrouiller dans la vie qu’avec l’aide d’un tiers...papa, maman, plus tard le conjoint, l’ami, le collègue, le gourou, le psy...

Il va avoir du mal à faire des choix, prendre des décisions, expérimenter, prendre des risques, oser la nouveauté, se tromper...il aura besoin de validation à chaque étape car il sera incapable de savoir ce qui est bon pour lui. Il aura peut être des problèmes d’autonomie…

En expérimentant, il va certes rencontrer des difficultés, les éprouver, peut-être fera-t-il des erreurs, peut-être se blessera-t-il, peut-être vous demandera t’il de l’aide (super si la demande vient de lui!) ? Mais il trouvera aussi du plaisir à essayer, de la satisfaction à surmonter l’obstacle parce qu’il aura fait preuve de créativité et d’audace ou de persévérance, il nourrira son sentiment de contentement et son estime personnelle, il prendra conscience et intègrera ses propres limites.

Et nous parents, quand nous lâchons la bride à l’enfant, quand nous lui offrons un espace d’expérimentation (pas dans un endroit parqué et hypersurveillé hein?) pour qu’il se sente libre d’être, nous lui manifestons notre confiance en sa capacité à faire face à la vie...et nous ouvrons cet espace de confiance en nous.

Comment vous situez-vous par rapport à la juste distance à trouver pour permettre à l'enfant d'expérimenter librement ?

Merci pour vos retours :)


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Marianne Lusson

Art-thérapie 44

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